L’Art Urbain ou le Street Art : Qu’est-ce que c’est ?

L’Art Urbain ou le Street Art : Qu’est-ce que c’est ?

L’art urbain est un mouvement artistique qui englobe plusieurs formes d’art exercés dans l’espace public. En effet, plusieurs techniques peuvent être utilisées : le graffiti sur mur, le pochoir, la mosaïque, le collage ou encore les installations de rue, etc. Il est surtout considéré comme un art éphémère : ces œuvres, le plus souvent illégales, sont destinées à disparaître, soit par l’action du temps, soit par la main de l’artiste.

De nombreux artistes ont marqué l’histoire du street art, parmi lesquels Keith Haring, Banksy et bien d’autres. Au début du XXIᵉ siècle, l’art urbain s’est finalement démocratisé dans les musées et les galeries, mais aussi dans le salon des particuliers.

Histoire de l’art urbain

L’art urbain possède une histoire longue et complexe qui remonte bien avant ce que l’on connait des graffitis contemporains. Véritable forme d’expression, l’art du graffiti a envahi l’espace urbain dés les années 1960, en France et aux États-Unis.

Les débuts aux États-unis dans les années 60-70

Le Street Art aux États-unis dans les années 60-70

L’art mural prend ses origines dès la préhistoire avec l’art pariétal. Il ne devient cependant un art contemporain qu’à partir de la fin des années 1960 aux États-unis. Les premiers tags apparaissent en effet dans Philadelphie, signés par Cornbread.

Ce dernier signait, un peu partout dans la ville, de son nom des messages d’amour destinés à une personne en particulier. Les véritables débuts du graffiti se font néanmoins à New York où la pratique explose avec la bombe aérosol (initialement destiné à la peinture des voitures).

Dans les années 1980, les tags recouvrent de plus en plus les voitures des métros, les murs, le mobilier urbain et les panneaux d’affichages des grandes villes américaines (Chicago, New York, Détroit, etc) ; allant jusqu’à créer des “guerres de territoire” entre les writers (graffeurs qui s’expriment avec le lettrage). Le tag et le graffiti sont alors considérés comme du vandalisme, mais sont pourtant le reflet des maux de la société.

Cette période voit aussi naître le début balbutiant de l'institutionnalisation de l’art urbain. Quelques galeries d’art commencent à s’y intéresser et tentent d’exposer certaines œuvres sur leurs murs. Parallèlement, les mesures légales répressives s’intensifient.

Le street art en France

Le Street Art en France et à Paris

Ces pratiques artistiques commencent à s’installer en France à partir de la révolte estudiantine en mai 1968. Le street art ne s’épanouira cependant pleinement en France que dans les années 1980, grâce à Blek le rat et Jérôme Mesnager. L’art urbain est à l’époque illégal en France, lourdement sanctionné par des amandes entre 1500 et 30 000 de nos euros actuels. Cette interdiction ne fait pourtant que renforcer le mouvement, considéré comme un véritable moyen d’expression.

Les street artistes qui ont marqué les esprits

Depuis environ 60 ans, le Graffiti Art a été marqué par de nombreux artistes de New York à Paris en passant par Berlin ou Londres. Certains artistes contemporains ont marqué les esprits plus que les autres. En voici un échantillon !

Keith Haring, le new-yorkais engagé

œuvre de Keith Haring

L’artiste américain Keith Haring (1958-1990), influencé par le courant pop art, investit le dédale des rues de New York dans les années 1960. Le sud de Manhattan se trouve abandonné avec la désindustrialisation, l’artiste en profite pour en faire son terrain de jeu. Il commence par dessiner à la craie blanche sur les panneaux publicitaires noirs de la ville, ainsi que les trottoirs de l’East Village (jusqu’à 40 dessins par jour).

À la fin des années 1980, il peindra aussi de grandes fresques murales à Philadelphie. Son style artistique s’inspire notamment des lignes de Nazca au Pérou. Ses œuvres se caractérisent par la répétition de formes synthétiques aux contours noirs et aux couleurs vives.

Homosexuel, Haring était un artiste engagé dans la cause LGBT et dans la lutte contre le sida (dont il était atteint).. On peut aujourd’hui largement admirer le travail de Keith Haring dans de nombreux centres d’art dans le monde.

Jef Aérosol, une référence française

Le "Chuuuttt!" de Jef Aérosol

Jean-François Perroy (né en 1957), plus connu sous le nom de Jef Aérosol, est un street artiste français. Il est l’un des pionniers de cet art éphémère en France. Il a peint des fresques géantes dans plusieurs villes du monde ( Paris, Lisbonne, Los Angeles, Chicago, Belfast, Lille, Nantes, etc).

L’artiste peint souvent des portraits au pochoir de personnalités (Elvis Presley, John Lennon, Serge Gainsbourg, etc.), mais surtout des “inconnus de la rue”. “Chuuuttt!”, la plus grande œuvre de Jef Aérosol (350 m2) se situe dans le IVᵉ arrondissement de Paris, Place Igor-Stravinsky.

Banksy, l’anglais anti-confirmiste

La Petite Fille au Ballon de Banksy

Artiste contemporain et clandestin, on sait peu de chose de Banksy. Les premières fresques murales au pochoir de l’artiste apparaissent à Bristol au Royaume-Uni en 1999. Ses Œuvres portent de forts messages politiques : il appose sur les murs des slogans cyniques, exposés dans des endroits parfois peu évident.

Son style artistique (silhouette noire avec parfois des touches de couleurs) rappelle les dessins du français Ernest Pignon-Ernest (né en 1942). Artiste militant et antisystème, le street artist entreprend souvent des opérations chocs et controversées pour dénoncer les travers de la société, comme son parc d’attraction lugubre Dismaland.

La démocratisation de l’art urbain

Tableau Décoratif de Banksy

(Le Tableau du singe à la banane de Banksy est disponible sur notre boutique)

En France, comme aux États-unis, la pratique du street art à perdurer jusqu’à aujourd’hui, de façon légale ou non. Le début du XXIᵉ siècle marque la consécration de l’art de rue : il a désormais trouvé sa place dans les galeries d’art et les musées. Des institutions, comme la fondation Cartier, le Centre Pompidou ou le Palais de Tokyo, consacrent des expositions au street art. La place de l’art urbain sur la marché de l’art augmente considérablement et certains artistes de rue vivants dépassent les ventes de street artistes décédés.

Désormais, art reconnu et ancré dans les cultures urbaines, le street art gagne le salon des collectionneurs, amateurs et passionnés de cette pratique artistique. On peut expliquer cela par la démocratisation de cet art visuel. Alors qu’il était, il n’y a pas si longtemps, considéré comme une nuisance ayant investi les murs de la ville, leur exposition et leur mise en valeur dans les musées d’art l’a rendu plus accessible au grand public. Des reproductions de ces œuvres éphémères se figent alors sur des toiles décoratives.

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